Le secret de Madame Pylinska — Eric-Emmanuel Schmitt

Hello ! Ceux qui suivent mon Instagram savent que j’ai passé quelques jours en France ce mois-ci, et que j’ai profité de n’avoir qu’un seul enfant (P. étant resté à Prague avec son papa) pour lire un peu. Et ça fait du bien !

C’est ma maman, connaissant mon amour pour Chopin et les beaux textes, qui m’a prêté ce livre. J’avais déjà lu un ou deux bouquins d’Eric-Emmanuel Schmitt, quand j’étais ado… Et mine de rien ça commence à faire 10 ans ! Mais il ne m’avaient de toute façon pas laissé de souvenir impérissable (sinon, je m’en souviendrais, CQFD 😉 ), soit que j’étais trop jeune pour apprécier, soit que les thématiques ne me parlaient pas, je ne sais pas… Enfin bref, celui-ci, il était pour moi, qui aime tant la musique, et qui ai longtemps considéré Chopin comme mon compositeur préféré.

Avant de vous en parler davantage, je vous propose d’écouter un Nocturne, pour vous mettre dans l’ambiance ! Et pour le plaisir de vos oreilles…ne l’arrêtez pas avant la fin…

Ce livre est court ; je l’ai lu en à peine plus d’une heure. Schmitt raconte comment, lorsqu’il était enfant, il est tombé amoureux du piano à travers Chopin, interprété par sa tante sur le piano familial, puis arrivé à l’âge adulte, comment il a appris à jouer du piano d’une façon très spéciale. Il prend des cours auprès d’une vieille Polonaise excentrique à l’appartement peuplé de chats, et aux méthodes d’apprentissage très singulières… En effet, pendant plusieurs semaines de cours avec elle, il ne touche pas à un piano, mais il apprend à écouter, à caresser, à aimer. La vieille femme lui fait découvrir l’essence de Chopin, la nature de la Musique : le silence, la douceur, la passion, l’amour. Elle lui ouvre une nouvelle porte sur la pratique du piano : celle de la musique intégrale, où le pianiste joue comme il vit, avec les sensations et les émotions de la vie quotidienne. Pour cela, l’apprenti musicien apprend à vivre la vie quotidienne différemment : il écoute le silence, il apprivoise la rosée, il tombe amoureux… Mais finalement, ce n’est qu’à travers la tristesse qu’il finit par véritablement comprendre Chopin et son génie, et qu’il le transpose sur son clavier, dans une scène très touchante que je ne raconterai pas ici… Ce serait dommage de vous briser le fin mot de l’histoire !

Cet ouvrage est une ode à la beauté, à la musique, au romantisme. C’est une invitation à la contemplation, à une vie plus lente, plus attentive à la beauté de ce qui nous entoure, une invitation à l’amour. C’est aussi un hommage à Chopin, à sa sensibilité et sa puissance mêlées, notamment à travers une scène très marquante. Madame Pylinska fait s’installer son élève allongé sous le piano, et elle joue Chopin.

« La musique me frôlait, me léchait, me piquait, me pétrissait, me malaxait, me ballotait, me soulevait, m’assommait, me brutalisait, m’exténuait, les basses me secouant comme si je chevauchais une cloche d’église, les aigus pleuvant sur moi, gouttes froides, gouttes chaudes, gouttes tièdes, lourdes ou ténues, en rafales, en ondées, en filet, tandis que le médium onctueux me recouvrait le buste, tel un molleton rassurant qu sein duquel je me blottissais. »

Quelle émotion, quelle force dans ces lignes ! Et comme l’auteur nous fait rentrer dans la mystère de Chopin, de sa musique, de sa sensibilité et de son génie… J’ai ressenti tout au long de la lecture de ce livre une grande proximité tant avec le personnage principal qu’avec Chopin. On est plongé dans cette passion, dans cet appel à la beauté. Et pour ma part, je n’ai plus qu’une envie : me remettre au piano ! En attendant, je m’attaque à la lecture de Ma vie avec Mozart, de Schmitt, puisque cette aventure avec Chopin m’a fait aimer cet auteur, et me replonger dans mes amours musicales…

Si vous avez lu ce livre, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en commentaire ! Et sinon… je ne peux que vous recommander de filer chez votre libraire et de vous y mettre ! 😉

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