« Non-non » : le cri du lutin en crise

Depuis quelques semaines, nous découvrons avec P. les joies du « terrible two », aka « crise des deux ans ». Déjà, ça parle de « terrible », et de « crise ». C’est joyeux, n’est-ce pas? Pour ceux qui ne savent pas ce dont il s’agit (oh, bienheureux que vous êtes!), cette crise est un passage quasi-obligé pour les enfants (un peu comme, plus tard, la fameuse cris d’ado), au cours de laquelle l’enfant comprend qu’il a une volonté propre, et donc s’entraîne à l’affirmer, le plus souvent en s’opposant à celle des adultes. Or, à cet âge-là, on s’exprime encore difficilement autrement que par des cris et des pleurs… Vous voyez le topo.

Le petit-déjeuner et le déjeuner, toujours en place à 14h… :-/

Dans notre cas, nous sommes quand même plutôt chanceux, dans le sens où notre lutin a, de base, bon caractère, et que nous communiquons avec lui en langue des signes, ce qui lui permet -parfois, quand il veut bien- d’exprimer davantage ce qu’il veut. Mais quand même. Ce n’est clairement pas une période bisounours à la maison (d’autant plus que son petit frère a les dents qui poussent ! Déjà trois de sorties, on tient le bon bout…), puisque ce jeune homme déchire les livres ou la tapisserie de sa chambre, jette les objets partout, et en particulier sur I., frappe sa maman, dit « non-non » à tout, et surtout…refuse de manger, par pur esprit de contradiction ! C’est donc un peu compliqué, éducativement ! Car lorsqu’on finit par le sortir de table en lui disant que c’est terminé, il revient un quart d’heure après en disant qu’il a faim… Que faire? Lui redonner à manger? Le laisser patienter jusqu’au prochain repas? Ça peut quand même faire long… Du coup, ce que nous avons décidé, c’est de lui donner un goûter en milieu de matinée, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent, et de le faire goûter plus tôt, vers 15h30, l’après-midi, et plus copieusement. De cette façon, il ne mange pas à chaque fois qu’il réclame, mais quand même plus souvent, pour tenir le coup ! Pour l’instant on s’en tire comme ça, mais aux repas, c’est la croix et la bannière.

 

Par ailleurs, nous lui avons appris à demander pardon en langue des signes. Ainsi, quand il fait mal à son frère, ou quand il me frappe, nous lui faisons demander pardon, ce qu’il fait généralement très bien. Je pense qu’il a bien compris de quoi il en retourne. Néanmoins, là encore nous avons rencontré un problème, c’est qu’il a commencé à faire toutes les bêtises qui vont bien, puis demande pardon, et s’empresse de recommencer.

Nous avons donc cherché un moyen de lui faire comprendre que ce n’est pas parce qu’on s’excuse ensuite que tout est permis. Notre solution, qui n’est sans doute pas la meilleure, et que nous ne testons que depuis hier, est de le mettre « au coin ». Non pas pour le punir, mais pour qu’il « réfléchisse ». Bien sûr, il n’a pas encore 2 ans, donc la réflexion profonde sur le bien, le mal et la conséquence de ses actes, on en est encore loin. Mais de cette façon, il est au calme (et il n’a rien à casser sous la main!). Pour l’instant (grande expérience de deux mises au coin!), ça fonctionne, il reste spontanément un bon moment au coin, attendant que nous venions le chercher. Bon, au début, il jouait un peu à cache-cache et riait à chaque fois qu’il se retournait, mais maintenant, il semble avoir compris ce que nous attendons de lui à ce moment-là. Ensuite, il demande pardon, nous lui faisons un câlin, et lui expliquons bien que ce qu’il a fait n’était pas gentil, mais que nous l’aimons toujours, etc etc. J’espère que ce sera concluant sur du plus long terme.

Il paraît que cette crise peut durer jusqu’aux 3 ans de l’enfant… Pitié, pas pour nous !! Je sais bien qu’il s’agit d’un moment à passer, et que P. en a besoin pour construire sa personnalité…mais comme j’ai hâte qu’il en soit sorti ! Comme j’ai hâte de retrouver mon gentil lutin !

1 Comment

  • Je raconte ma vie #1 – La maman des lardons 24 juillet 2018 at 12 h 43 min Reply

    […] dernière fois que j’ai écrit ici, je crois que c’était pour vous parler de la crise du non de P. Ça fait un moment. Pas besoin, j’imagine, d’expliquer pourquoi je n’ai pas le […]

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